Djerba : l’île des douceurs méditerranéennes et du soleil saharien

On partage avec vous ce magnifique et ô combien exhaustif article sur Djerba.

Il a été rédigé par Christian Sorand pour le site Trait d’Union (magazine de la communauté francophone), paru le 4 février 2019.

Parmi toutes les îles de la Méditerranée, Djerba offre une surprenante originalité. C’est à la fois la plus méridionale et la plus grande île du sud méditerranéen. Elle présente un caractère africain, tout en plongeant ses racines et la blancheur de son habitat dans le monde de ce grand bassin, creuset de toutes les cultures. Nonchalance et douceur du climat en toute saison en font une escale inoubliable.

«Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage ». Ainsi s’exprimait Du Bellay en évoquant le héros antique d’Homère. Plus d’un millénaire avant notre ère, le navire d’Ulysse accostait sur le rivage de cette île accueillante, déjà si douce et dont le fruit du lotos envoûtait littéralement les marins de l’Odyssée.

Le mythe fait figure d’image poétique ancrée dans une réalité sous-jacente. Le plus étonnant, c’est qu’en fait le monde grec connaissait parfaitement ces lieux depuis la plus haute antiquité.

Ces « mangeurs de lotus » étaient déjà des « Libyens », nom donné aux Berbères par les Hellènes. Car « l’île des Lotophages » est toujours majoritairement amazighe, révélant une double particularité. D’un côté une importante communauté juive, et de l’autre une confrérie ibadite, unique dans le monde musulman.

Le bateau vient d’accoster sur le sable doré, invitant à la découverte de cette île de toutes les douceurs…

À la rencontre de l’Afrique et du monde méditerranéen

Djerba, tout au sud de la Tunisie, à deux pas de la frontière libyenne, bénéficie d’un climat exceptionnel, été comme hiver, en fonction des alizés et de la proximité du désert saharien. Les palmiers-dattiers et l’olivier ponctuent la platitude sèche d’une île sans cours d’eau. Il existe toutefois une panoplie de puits originaux fournissant une eau saumâtre, utilisée pour la cuisine et l’irrigation des terres.

Le côté maghrébin de l’île, celui du paysage, perd son caractère au profit d’une architecture résolument méditerranéenne. Que ce soit à Houmt-Souk, la capitale insulaire, ou dans d’autres agglomérations de l’île, comme Midoun ou Ajim, la blancheur des murs et le bleu azur des portes et des fenêtres rappellent l’atmosphère particulière des îles grecques.

Est-ce un lointain souvenir des mythes antiques ? Car, hormis Ulysse, ou même « Jason et les Argonautes », la mythologie des Hellènes a puisé nombre de ses divinités et de ses héros le long de ces rivages africains : Triton, messager des mers, avait sa demeure dans le bras de mer séparant l’île du continent. Et lorsqu’à la demande de son père, Héphaïstos fendit le crâne de Zeus, Athéna en sortit toute armée, et cela se passait sur les rives du lac Tritonis. La déesse, protectrice d’Athènes, passa son enfance dans cette contrée alors appelée « la petite Syrte ». Elle avait pour compagne de jeux, Pallas, l’une des filles de Triton.

C’est dire si ces lieux sont connus depuis la nuit des temps. Les Grecs certes, mais aussi les Phéniciens, dont les bateaux accostaient déjà à proximité du site archéologique de Meninx, au sud de l’île, dès l’âge du fer ! Ces marins orientaux intrépides venaient chercher le murex, pour la pourpre, mais aussi l’huile d’olive que l’on transportait dans de grandes jarres de terre cuite. La tradition veut qu’ils soient à l’origine de la poterie de Guellala (Iqellalen en tamazight). Cette communauté amazighe du golfe de Bou Grara, séparant l’île de la côte africaine, perpétue encore ce travail artisanal grâce à l’argile rouge ou blanche, caractérisant cette partie de l’île.

Si les Romains arrivent ici plus tardivement, ils y laissent une empreinte stupéfiante. Une chaussée romaine, longue de 7 km, relie la pointe sud-est de l’île, d’El Kantara (‘le pont’ en arabe) à Zarzis sur la côte africaine.

Ainsi trois mondes se sont croisés à Djerba : l’Afrique berbère des « Libyens » (nom grec) ou des Numides (appellation romaine), l’Asie proche-orientale (Phéniciens) et les Européens du sud (Grecs et Romains).

Le bleu, le blanc et le vert

Un peintre ou un photographe pourraient aisément brosser un tableau en trois couleurs pour illustrer l’atmosphère de Djerba. Il y a bien sûr le bleu du ciel ou de la mer à l’image des portes et des fenêtres. Le blanc, n’est pas seulement un rempart contre le soleil, c’est aussi un symbole de pureté atmosphérique, et le reflet moral du peuple amazigh de l’île. Le vert, s’il ponctue la vie végétale insulaire, est une couleur africaine, comme celle de l’islam.

Djerba se distingue par son histoire et par ses caractéristiques ethniques et religieuses tout à fait exceptionnelles.

Ce microcosme d’à peine 175.000 âmes abrite encore trois grandes religions monothéistes vivant en harmonie !

La tradition veut qu’une première vague d’Hébreux soit arrivée sur l’île, à l’époque de la destruction du temple de Jérusalem, en 587 avant J-C. Il y a plusieurs synagogues, dont la plus célèbre est Al Ghriba (l’étrange), à Erriadh, à quelques kilomètres au sud d’Houmt-Souk. Elle fait l’objet d’un pèlerinage juif annuel attirant des fidèles du monde entier. C’est une première particularité, regroupant une communauté juive, souvent d’origine berbère. Un grand nombre de bijoutiers d’Houmt-Souk sont juifs et ferment donc boutique le samedi, jour du sabbat.

La deuxième originalité religieuse regroupe une vaste population de musulmans ibadites, également d’origine berbère. L’ibadisme, issu du kharéjisme, fait figure d’une troisième voie dans l’islam. Cette communauté religieuse puritaine n’existe qu’à Oman, sur la côte Est africaine (colonisée par des Omanais) et en Afrique du Nord, parmi des groupes berbères du djebel Nefussa (Libye), de Djerba (Tunisie), et du M’Zab (Algérie). On compare souvent le mouvement ibadite au protestantisme. Ils prônent la simplicité et leurs nombreuses mosquées, d’une blancheur immaculée, bannissent toute forme de décors superflus. L’architecture très sobre se décline en cubes et en coupoles ; certaines mosquées sont même souterraines.

L’île conserve également une petite communauté chrétienne, arrivée à la fin du XIXe siècle, surtout composée de Siciliens, de Maltais et de Grecs. Beaucoup sont repartis depuis, mais à Houmt-Souk, l’église catholique maltaise Saint-Joseph (1848) est animée par un jeune prêtre dynamique venu récemment d’Italie via le Liban ! Un descendant grec, de l’île de Kalymnos, entretient l’église orthodoxe grecque Saint-Nicolas (1890), patron des pêcheurs.

À l’image de la Tunisie, Djerba fait donc figure d’un havre œcuménique atypique dans le monde contemporain !


Djerba, une perle de la Tunisie d’aujourd’hui

Le charme et la douceur de l’île en font un lieu privilégié pour le tourisme, bénéficiant d’une excellente infrastructure.

L’aéroport de Mellita offre des liaisons internationales avec l’Europe. De superbes hôtels jalonnent les plages de sable fin de l’île.

L’île offre de nombreux points d’intérêts. Outre les caractéristiques architecturales déjà citées, la ville d’Houmt-Souk (environ 45.000 habitants) possède quelques caravansérails (appelés localement fondouk), souvent aménagés en hôtels ou en cafés-restaurants. Le souk couvert est une curiosité locale. On y trouve aussi un port de pêche et de plaisance aménagé aux normes internationales, agrémenté de cafés et de restaurants. Le vieux fort espagnol (Borj el-kébir) est devenu un musée recelant quelques spécimens archéologiques locaux. Deux très beaux musées du patrimoine méritent une visite : celui d’Houmt-Souk, comprenant également une vieille zaouïa, et celui de Guellala, construit sur la seule éminence de l’île (54m de haut) et retraçant ses particularités sociologiques. Son café maure traditionnel est une vraie caverne d’Ali-Baba. De plus, il possède une terrasse panoramique permettant de contempler, à l’ombre, la côte africaine.

Pour accéder à Djerba, on peut soit emprunter la chaussée romaine en direction de la zone touristique de Zarzis (pointe sud-est), soit prendre le bac à Ajim (pointe sud-ouest, quinze minutes de traversée).

La partie saharienne du sud tunisien offre de nombreuses possibilités d’excursions d’une ou deux journées. Il y a d’abord la région de Médenine, ou encore celle de Tataouine, rendues célèbres par le tournage des épisodes de la « Guerre des Étoiles ». Les ghorfas, anciens greniers berbères, à niches superposées, sont la particularité architecturale de cette partie de la Tunisie. Quelques beaux exemples de villages berbères jalonnent les massifs sahariens à l’ouest de Tatahouine, dont celui de Chenini devenu célèbre. La région de Matmata est le lieu éponyme d’habitations berbères traditionnelles troglodytes.

La proximité du plus grand désert du monde joue sans doute un rôle dans le particularisme local de Djerba. Malgré tout, l’île demeure une entité bien définie. Elle est unique, à la fois par son environnement et par sa population. La douceur du climat perpétue peut-être le côté soporifique des lotos ! Car, à l’instar des marins d’Ulysse, la nonchalance pacifiste de la vie locale, ne favorise point l’envie d’en repartir. Ah ! Surtout, si par bonheur, vous vous laissez tenter par le goût suave des deglet nour, ces « doigts de lumière », que sont les dattes de ces contrées. Si vous doutez encore que l’ensorcellement soit de mise, n’oubliez pas que l’Odyssée des temps modernes, s’appelle en vérité « la Guerre des Étoiles » !

Sources: Wikipedia
Ibadites de Djerba : https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/djerba-l-ibadite,1123

Lire l’article original sur le site trait d’union: ici.

Bonne lecture !

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